le blog de jirsad cassam

oser dire

En commençant l'écriture d'un journal, face à la première page de son premier carnet, vient pour nombre d'entre nous la question fatidique : de quoi vais-je bien pouvoir parler ? On se pose, on se questionne, on hésite, mais tout ça dans notre tête, et pas sur le papier. Qu'est-ce que je pourrais bien écrire qui en vaille la peine ? Qui soit assez bien ? Or on a beau répéter et entendre qu'il s'agit simplement de se laisser aller, que ce n'est pas si important et que l'on peut écrire ce que l'on veut, le blocage est compréhensible.

une suggestion

Déjà, tu peux sauter la première page, si c'est trop imposant. Ensuite, continue la phrase suivante :

Je ne veux pas parler de…

Voici une suggestion me venant de la chaîne youtube Overall Adventures, qui aujourd'hui est arrêtée, mais demeure un lieu d'inspiration pour moi. Ces quelques mots peuvent inciter quelque chose comme un blocage supplémentaire, mais pour moi, c'est tout de suite différent. Ce n'est pas que je ne sais pas à propos de quoi écrire tout court, ce n'est plus la page blanche absolue. À ce moment, il suffit de lire, d'écrire ces premiers mots, et je sais très bien ce qui veut rester silencieux. Silencieux pour qui cela dit ?

Je voulais poser cette suggestion ici car les idées de « gratitude », d'écrire ce que l'on a apprécié dans la journée, sont certes positives, mais m'ont, honnêtement, toujours laissé un sentiment de futilité. Si notre blocage demande un sujet important, alors parler de quelque chose de simple et positif est une manière de dire que ce n'est pas si grave, que l'on n'est pas finalement obligé'e de parler de questions graves sans arrêt. C'est vrai !

J'offre ici une autre perspective : pour écrire sur un sujet important, « je ne veux pas parler de… » est une accroche puissante.

Parce que tu sais ce que tu es en train d'éviter.

Mais c'est ton journal intime, pour toi seul'e, et pour l'acte d'écrire et d'exprimer, bien plus que pour une quelconque relecture future.

(jeudi 23 janvier 2025)